C’est-à-dire qu’ils le voulaient vraiment, je n’ai pas bien su que leur opposer… D’abord, Kamal seul est venu me voir. C’est un de ceux que je ne connais pas très bien. J’étais maladroite, un peu gênée. Et puis je n’avais pas l’habitude de traiter de cette manière. Lorsqu’ils sont revenus à plusieurs, ils ont insisté. Onel était parmi eux, j’avais confiance en lui, du moins je pensais que je pouvais. C’est vrai, ce n’était pas mon style, mais ils ont insisté…
Bien entendu, je ne peux pas tout affirmer : je n’étais pas là. Peut-être est-ce là ce qu’on peut réellement me reprocher. Mais après tout, je ne suis pas responsable.
Je connaissais personnellement l’endroit, pour y avoir vécu une partie de mon enfance. Un hasard : ce n’était pas mon choix, je me suis contentée de les suivre. Je crois que c’est le gravier qui leur a particulièrement plu. Le domaine, aussi, bien sûr.
De 6 à 9 ans, avant que mon père ne parte refaire sa vie au Venezuela, je passais mes après-midi à dessiner. Derrière les grandes vitres du salon ou sous un arbre du domaine, lorsque le temps le permettait. C’était mon activité favorite. Lorsque nous avons déménagé pour un appartement modeste, la boîte contenant les crayons s’est perdue, et je n’ai plus jamais dessiné. Je garde précieusement les traces de cette période, mais le temps fait son œuvre et bientôt… Je ne savais pas, mais apparemment, c’est le vert qui s’efface en dernier.
Pour la signature, sans que je comprenne bien pourquoi, Vincent s’est montré brutal. Nous avons un contact… enfin, ce n’est pourtant pas son habitude. Lors de sa visite, il était accompagné d’un homme aux traits marqués, qui portait une veste. L’entretien a duré plus longtemps que prévu : nous n’avions pas abordé tous les détails. Mais l’homme ne parlait pas, il me fixait de ses yeux clairs, troublant. J’aurais voulu… je crois que j’aurais voulu les retenir plus longtemps encore. Ils sont partis alors que nous n’avions pas tout défini.
J’essaie de ne pas avoir d’espérances… Ce sont eux qui m’ont contactée.
Plus tard, Paul est passé.
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