Crire

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Par Christophe Sanchez

Des murs

janvier 2012

Ravi d’accueillir ici un texte de Chris­tophe Sanchez, esthète en prose, magicien de paysages-​​moments de grâce. Vous pourrez trouvez chez lui ma contri­bution en réponse.

Des murs. Ce ne sont que des murs et de la vie dedans. Je ne sais pas comment on se place, nous qui sommes formés de chair et d’os, comment on s’installe entre ces murs, autour de leurs ancrages ter­riens, comment on se fait enra­ciner par leurs pores alvéolées de plâtres et de béton. Comment on les vit, les murs autour, comment on vit dans le dedans pour en faire notre dedans, comment on forme une antre, notre antre. Je ne sais pas. Je sais. Ce n’est que de l’objet, du gros objet qui nous enrobe, nous plie à la séden­tarité et à son coro­laire douillet : eux les murs à l’aspect rustre et sec nous font doux. A moins que ce soit nous qui les ren­dions agréable, mal­léable par nos arti­fices en voile dans les trouées, par nos croutes pein­tur­lurées d‘artistes inconnus clouées dans le stuc, par nos tissus aux couleur cha­toyantes et aux velours urti­caires. Oui, ce ne peut être que nous. Je sais. Je ne sais pas. Nous et nos meubles qui tournent, nous pressent les mœurs, décorent nos psychés, et sus­pendent l’effet froid des murs pour satis­faire nos exis­tences mères de chaleur.

Tou­jours que. Là. On y est. Les murs et nous. Peu importe qui possède l’un ou qui fait l’autre. Pour quelques mois, années ou décennies, on est dans les murs. Les murs encerclent notre dedans, on se mélange et nos esprits intègrent le carré des murs, les quatre qui font fon­dation et nous au milieu qui réin­jectons de la vie à chaque par­celle d’atmosphère. A tel point que nous nous fondons, l’un dans l’autre, le mur d’en face par le miroir plein pied renvoie notre image dans le ves­tibule, la cloison de la cuisine nous appelle à la bonne chair, la voute entre le salon et la salle à manger invite à la far­niente ou à la ripaille gar­gan­tuesque. Les murs ne sont plus, ils sont pièces, carrées, rec­tan­gu­laires, bis­cornues. Ils sont, nous sommes des pièces, devenons corps dans des mor­ceaux de murs agglo­mérés, trans­formons la surface sans vie en élément fon­da­mental, aussi tam­bou­rinant que nos poitrails.

Alors quand il faut partir, on se « dépièce », c’est comme si on s’arrachait le thorax, comme si, inévi­ta­blement la vie des murs que l’on a consacrée allait dis­pa­raître, comme si la peinture écaillée, le papier-​​peint décollé étaient des lam­beaux d’existence qui dis­pa­raissent. Et on se dit. Je sais, je ne sais pas. Ce ne sera plus jamais pareil. La vie dedans.

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  • Des murs

    Le 7 janvier à 13:32 , par patrick verroust

    Deux écri­vains, le dos au mur, écoutent leurs mur­mures, laissent exhaler des cris, vains quand ils furent dits, à chaud, mais qui au cœur de pierres libèrent les ciments, emplâtres des vies .L’un se mure l’autre rentre dedans, l’un se sent mur pour une aventure où hors les murs point de salut Le mur nu , nu ,nu le harangue , il ne vit plus que dans une chambre de borgne. L’autre vit à l’emporte pièce, il met des Monet ou assi­milés dans les pièces, la vie déborde le cloi­sonné, ici , les murs font tapis­serie mais, ils sont bien vus en peinture. Quand il faut leurs tourner le dos les murs, pour un dernier adieu, les sou­venirs de jeux, les pieds aux murs, amène des larmes dans les cloisons nasales. Les deux com­pères se sen­tirent murs pour com­mu­niquer à travers les murs, abattre les cloisons . Sur leurs solides fon­da­tions, ils écri­virent, pied au plancher deux textes qui ne sont pas bas de plafond. L’immobilier n’est pas prêt d’être « dépiècé » !.….Ainsi, se constitue le patri­moine urbain où les vies usées se trouvent classées, musées morts des sur­vi­vants, témoins des temps passés emmurés à jamais.

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  • Des murs

    Le 26 janvier à 21:11 , par Epamine

    Murs inanimés, on sait déjà que vous avez des oreilles mais avez-​​vous donc une âme ?

    Beau texte, l’ami, comme d’habitude !

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