Tout a commencé à la machine à café, engin massif et anodin, trop souvent négligé, en réalité centre névralgique, console de commande de toute entreprise. Pourtant, même en panne elle fonctionne : ni 35 heures ni RTT, distribution métronomique garantie d’authentiques mines anti personnelles. Bien qu’il ne s’agisse pas là de sa fonction première, trancher entre sa culpabilité ou sa responsabilité n’est pas chose aisée mais passons. Noms de code des munitions ? En sabir de bureau : bruits de couloir, radio moquette, téléphone arabe… Des armes légales, létales, en vente libre — boissons chaudes ou froides n’étant que couverture, qu’on se le dise — voire gratuites pour peu que la Direction ou le Comité d’Entreprise ou les deux aient mis la main à la poche, au nom de l’un des sacro-saints dix commandements de la Bible du Management : La paix sociale a un prix — cliché en valant un autre : « qui veut la paix prépare la guerre ».
Tout a donc commencé à la machine à café — ça s’était déjà produit mais là c’était sans comparaison.
La nouvelle s’est répandue à la vitesse d’une marée au galop, sans steeple-chase : pas d’obstacles dans l’open-space. Avec elle, la rumeur et l’odeur âcre du ragot colporté-chuchoté jusqu’à enfler en inéluctable murmure hurlé — déformé — sauf à l’oreille de la cible désignée : il n’y a pas plus sourd que.
On aurait pu graduer la magnitude des médisances. Ainsi, se serait révélée la platitude — et, partant, le taux de mortalité élevé — des rumeurs ayant pris naissance à la cantine ou aux toilettes face au miroir, ou lors d’une conversation de voisins d’urinoir nez au mur. A contrario, les plus puissantes dévastatrices résistant à la logique des faits : celles expectorées par cette machine à café bâtie en SELECTA-MX30.
Par… ?
Ou comprendre à proximité de ?
Tout a commencé à la machine à café, goutte à goutte en ruisseau devenu grande rivière en cru muée en catastrophe naturelle — donc prévisible pour qui y aurait pris garde, réalisé que « moment de détente » recelait une arme peut-être bien à pointer de l’index.
Tout a commencé à la machine à café, une trainée de poudre mettant le feu aux.
Tout a commencé à la machine à café, à 10 :00, heure simili tranquille ou chemises blanches et tailleurs noirs communiaient en rite pour tromper aujourd’hui leur train-train quotidien. Amen.
Bande son :
— T’aurais pas une pièce de dix ?
— Long sucré ou expresso ?
— Alors il m’a dit…
— Y a plus de cuillères ?
— Franchement, qu’est-ce que ça lui coûte de sourire ?
— Alors je lui ai dit…
— Quel jour on est, déjà ?
— Eh merde ! J’ai oublié d’appuyer sur le bouton du sucre.
— Mais tu crois qu’il m’aurait écoutée ?
— Vendredi — c’est pas trop tôt.
— Je suis sure qu’elle couche, c’est pas possible autrement.
— T’as une cuillère à me passer ?
— T’as du sucre ?
— Y’a qu’à voir comment elle se fringue, cette poufiasse.
— Alors je lui ai dit…
— T’as quelle heure, là ?
— Vendredi, t’es sûr ?
Puis.
Soudain gargouillis aux relents de tuyauterie à la gorge encrassée, toux, haut-le-cœur liquides de l’appareil à, manifestement, l’expectoration contrariée.
Brutal arrêt en couac de la bande son.
Stupeur inquiète de l’assistance au mutisme allant crescendo au rythme des hoquets de l’appareil sur le point, à n’en pas douter, d’étouffer — première possibilité —, de régurgiter quelque chose susceptible de (quelle horreur !) tacher les uniformes uniformes de bureau (à cette heure encore non défraîchis) — deuxième possibilité.
Il faut, on devrait, ne pas rester là, pétrifiés.
Se disent-ils.
Oui, mais…
Y’a-t-il un plombier — non, un médecin — non, quelqu’un qui s’y connaisse en.
Oui, mais…
Qu’a donc bien pu avaler la SELECTA qu’elle ne puisse recracher ? Pas la monnaie, tout de même ? (ce que pense la comptable du 4e étage, peu après l’expert comptable du même étage, son supérieur.)
Le rythme des gargouillis étranglés s’intensifie, qui mutent en raclements, les uniformes reculent d’un pas réflexe, se regardent, alarmés et quelque peu honteux de bras ballants demeurer.
— La manœuvre de Heimlich !
Combien d’oppressés dans la salle de détente à cette heure-ci ? Autant que tout à l’heure moins un : celui qui vient de s’exclamer — les regards pivotent et le braquent, écarquillés.
Sans se démonter, tandis que la SELECTA éructe de plus belle dans son dos, il reprend :
— La. Manœuvre. De Heimlich, bon sang !
Une lueur de compréhension semble alors vaguement traverser la lande brumeuse de leurs regards déjà cramés par trop de pixels assassins, pour mieux disparaître aussitôt soufflée par la voix mégaphone de leur délégué syndical :
— Tu n’as pas ton brevet de secouriste !
— C’est une machine à café, je te rappelle…
L’autre jette à peine un coup d’œil machinal à l’engin qui menace à tout instant de décéder (cette couleur grise est-elle d’origine ?) :
— Mais tu n’as pas ton brevet de secouriste, tu n’as pas suivi la formation. Et pourtant — hm ? — elle était obligatoire. Le règlement intérieur…
— …ne s’applique pas à la machine à café. Bon sang, si on ne fait rien elle va y laisser sa peau !
Long silence dans la pièce ; même la SELECTA semble tout à coup sinon surseoir à son décès, du moins prendre une inspiration — ou tenter de le faire — pendant que les esprits mesurent la perte que cette dernière leur imposerait si de vie à trépas elle passait.
Conclusion unanime bien que non formulée verbalement : l’absence de café (thé, chocolat, long, court, etc.) les condamnerait. Or, déjà qu’ils passent leur vie au boulot, ça suffit, merci bien, loin d’eux l’envie d’y trépasser.
Conclusion unanime que le porte-parole élu par son syndicat transmet à son interlocuteur :
— OK. Vas-y, alors.
L’autre hoche la tête, retrousse ses manch — il y a un problème. Et de taille.
Comment passer derrière l’imposante masse de la SELECTA afin d’y apposer le poing entre nombril et sternum ?
Dilemme.
Sans un Immelman, et encore, il apparaît que les chances de survie de la machine à café sont définitivement compromises. Or l’espace manque aussi pour tenter une telle manœuvre même si la raison la commande : ce que l’univers entier des costards/tailleurs commence à penser à l’unisson, déstabilisant le d’ores et déjà ex-futur-sauveteur qui se débat dans son dilemme (Immelman or not Immelman ?), par the question mortifié.
Sauf que.
L’objet inanimé dont le destin tout tracé semblait vouloir ramener l’âme dans le droit chemin hoquète hoquète et hoquète encore (pas en arrière unanime de l’assistance horrifiée) jusqu’à expectorer —
Réflexe : tout le monde à plat ventre tandis qu’une rafale de projectiles non identifiés rase en sifflant les cheveux ras et les chignons savants de ceux qui assurent leur survie le nez dans le lino, puis s’engouffre dans le premier couloir à sa portée.
Il ne s’est pas écoulé trois secondes — il leur en faudra autant pour : 1/ réaliser que tout danger semble écarté ; 2/ se demander : qu’est-ce que c’était que ça ? — avant que tout ne commence réellement, à la machine à café. Une rumeur née du ça.
Pendant que ça poursuit et sa course folle à-travers l’open-space et un but connu de lui/elle seul(e) — le ça étant par nature de sexe indéterminé.
En somme, pour résumer et à bien y réfléchir, rien que de très normal, usuel, routinier : une pause, la machine à café, une rumeur.
Prudents, tous préfèrent néanmoins attendre que les choses se tassent ; en l’occurrence le raffut provenant du fin fond de l’open-space.
Tout a commencé à la machine à rumeurs, engin massif et centre névralgique, console de commande de toute la force de frappe, paré de son indécelable camouflage SELECTA.
Soudain, gargouillis aux relents de tuyauterie à la gorge encrassée, toux, haut-le-cœur liquides de l’appareil à, manifestement, l’expectoration contrariée.
Événement prévu s’il en est. La preuve : le compte à rebours se poursuit au rythme de son indifférence programmée.
— On passera jamais.
Le rythme des gargouillis étranglés s’intensifie, qui mutent en raclements.
— On va y rester, merde, on va y rester. On passera —
— pas. Manœuvre de Heimlich !
— …
— La. Manœuvre. De Heimlich, bon sang !
— Non. Un Immelman.
L’objet inanimé dont le destin tout tracé semblait vouloir ramener l’âme dans le droit chemin hoquète hoquète et hoquète encore.
— T’as pas ton brevet !
— Si on fait rien on va y laisser notre peau ! Cramponne-t…
Immelman.
Haut-le-cœur.
Rétablissement.
— On est passé.
— T’en doutais ?
Course folle à-travers l’hyper open-space.
— On a franchi la barrière AMX-30, tu pourrais lever le pied, bon sang !
— Cibles verrouillées.
— T’es un malade !
— Fenêtre de tir dans — maintenant !
— Moteur droit en flamme, on décroche !
— Quoi ?
— Moteur droit en flamme, bordel. T’es sourd ?
— Auxiliaire enclenché. Cibles toujours verrouillées.
— Merde !
— Quoi encore ?
— Moteur gauche en flamme. Toi et ton foutu Immelman…
— Rien à voir. On est équipé en Fukushima™, autant dire qu’on est blindé.
— La mission précédente disait la même chose de leurs Tchernobyl™, on sait où ça les a menés… Faut qu’on s’éjecte !
— Hors de question. D’abord les cibles.
— T’es vraiment un malade ! Qu’est-ce qu’on en a à foutre, hein, d’une rumeur de plus ou de moins ? De toute façon, ici, si on leur en balance pas, ils se les inventent. J’te l’dis comme j’le pense : on sert à rien. Point.
— Bon alors, tu tires ou tu pointes… ? S’ils nous repèrent, là oui, on servira à rien.
— Tu peux développer ? J’te suis pas, là.
— Tire d’abord, on causera apr — eh mer-de ! Trop près.
— Contrôle ? Ici Court Sans Sucre 0.35. On rentre à la base. Je répète. On —
— Contrôle ? Ici le Commandant Bendoverdjordje. Je refais un passage. Over.
— Quoi ? Mais t’es un malade !
— Non. Juste Commandant. Et j’trouve que t’as trop tendance à l’oublier. T’inquiète, on règlera ça en temps uti — cibles verrouillées.
— Y a une rumeur qui dit que t’es chiant, tu l’savais, ça ?
— Un drone. Rien d’autre. Cibles verrouillées. Tu t’magnes, oui ? On est presque à sec de carburant.
— P’têt que les cibles pourraient nous dépanner ?
— T’es pas drôle. Et ça, c’est pas une rumeur. Feu, bon sang ! On va encore les perdre !
— C’est de la rumeur de quel calibre, qu’on va leur balancer ?
— De l’Atenace 2011.
— Mais ils ne s’en remettront jamais !
— C’est le but.
— Commandant ?
— Quoi enc — Tiens ? Tu m’appelles enfin par mon grade ?
— Altimètre en folie.
— Pardon ?
— Ben… On va percuter, là.
— Quoi ? ça va te coûter cher, ça ! La cour martiale !
— M’étonn…
Bureau bunker au fond de l’open-space : avis de tempête.
— Svetlana !
Pas précipités en castagnettes :
— Monsieur le Directeur ?
— Ce court sans sucre, il arrive ou faut-il que j’aille le chercher moi-même ?
Dans les yeux de Svetlana, soudain, des étoiles rouges — une pulsion qui ne la pousse pas à fuir mais à l’accident de personne. Alors de la cravate du Directeur Vissac la main repliée en serre de l’assistante s’empare…
Le raffut s’est tu.
Silence.
Puis.
Bande son :
— C’est bon, la machine fonctionne.
— Tu me l’as passée, la pièce de dix ?
— Alors il m’a dit…
— Je parie que la pétasse du boss a encore fait des siennes.
— Franchement, qu’est-ce que ça lui coûte de sourire ?
— T’as quelle heure, là ?
— Mais tu crois qu’il m’aurait écoutée ?
— Je suis sure qu’elle couche, c’est pas possible autrement.
— T’as une cuillère à me passer ?
— Y’a qu’à voir comment elle se fringue, cette poufiasse.
— Alors je lui ai dit…
— C’est pas possible autrement. Ça fait deux fois qu’elle lui renverse son café dessus, il paraît, on en a licencié pour moins que ça. Et vu ce qu’on vient d’entendre, sans être mauvaise langue, hein, je te parie qu’elle a recommencé.
— Ou elle couche ou c’est juste une rumeur comme, je sais pas, si quelqu’un racontait partout, tu vois, qu’elle lui avait fait bouffer sa cravate.
— On en a licencié pour moins que ça, ouais.
— Alors elle couche.
— …
Dans le dos de l’opérateur, l’empereur Ace Partam, Grand Commandeur de la Légion des Rumoristes, grogne :
— Encore une capsule de perdue, deux hommes de plus morts au combat, ça ne peut plus durer.
— Le matériel est peut-être défectueux, votre grandeur ?
Volte-face d’Ace :
— Défectueux ? Les K-putchini achetées à prix d’or à la maison du Duc Afait ? Non, certainement pas. Il y a autre chose, j’en suis persuadé.
— Votre grandeur, il se murmure que leurs composants atomiques…
— Oubliez ça, ils sont certifiés ISO 9002.
— Et s’il s’agissait de notre, heu, propulseur ? La SELECTA…
Ace Partam se penche, fronce les sourcils et plante son doigt impérial au centre du front de l’impudent :
— Encore une allusion de cette sorte et je vous colle aux fers pour blasphème ! Est-ce clair ?
Dans la salle de contrôle, le personnel présent fait un pas en arrière unanime et martial : éviter les éclaboussures s’impose tant les colères de l’empereur Ace Partam s’avèrent notoirement salées.
Pourtant, de colère point. L’heure est trop grave, la situation critique, et l’ire mauvaise conseillère :
— Messieurs, reprend Partam de sa voix de Grand Commandeur de la Légion des Rumoristes, je crains qu’il n’y ait quelque chose de pourri dans l’empire de Malongo.
Rumeur alentour, aussitôt calmée d’une main en sceptre élevée.
— Je n’affirme pas cela à la légère ni de gaieté de cœur, messieurs, mais après mûre réflexion. Il se trouve que nos ressources s’épuisent, nous savons tous pourquoi.
— La fuite dans la SELECTA, votre grandeur ?
L’empereur soupire :
— La fuite, oui, opérateur… ?
— Rose. Sacha Rose.
— La fuite… Les habitants de l’univers situé de l’autre côté de notre principale source d’énergie, y puisent sans vergogne à longueur de temps, et pire, la gaspillent, à ce qu’on nous a rapporté.
Hochements de tête de l’état-major.
— Gaspillent ?
— Vous êtes jeune, opérateur Rose, vous ne pouvez tout savoir. (Partam pose une main sur l’épaule de Sacha Rose avant de poursuivre.) Gaspillée, oui, notre énergie. L’énergie nécessaire à la survie de notre univers. C’est bien pour cela que nous avons décidé de les exterminer, opérateur Rose, jusqu’au dernier !
— D’où la Légion des Rumoristes.
Sourire impérial.
— Je constate que vous avez retenu vos cours d’histoire, Rose. Voilà qui est tout à votre honneur.
— Merci, votre grandeur.
— La Rumeur… La seule arme capable d’éradiquer les créatures grises peuplant cet univers, comment m’a-t-on dit, déjà ? Carcéral. C’est cela — carcéral. Et puisqu’ils épuisaient la Source Grand-Mère, la SELECTA, nous avons décidé d’attaquer en optant pour un camouflage de circonstance. Je dois d’ailleurs avouer, en toute modestie, que je ne suis pas mécontent de cette trouvaille.
Tandis qu’Ace Partam contemple le bout de ses ongles tout en souriant, l’état-major éclate de rire.
— Mais il y a tout de même quelque chose qui foire !
Sursaut général, hoquets hilares en asystolie.
— Certes, les salves de rumeurs lancées par nos vaisseaux font mouche, mais pas suffisamment. En d’autres termes : nous leur balançons de simples pétards mouillés ! Et tout cela pourquoi, hein, pourquoi ?
Question purement oratoire, n’appelant donc aucune réponse.
— Parce que nos vaisseaux se crashent, messieurs, poursuit Partam. Se plantent, se vautrent, appelez ça comme vous voulez, je m’en bats les sous-tasses. Le fait est là : Ça. Merde. Et je sais pourquoi. L’univers Malongo est parallèle au leur, messieurs. Parallèle ! Or, lorsque nous utilisons le propulseur, tous nos vaisseaux se retrouvent de l’autre côté en position… ? Personne ne voit ?
Question purement oratoire de nouveau, l’état-major le comprend et muet demeure.
— Perpendiculaire.
— Perpendiculaire ? (étonnement réflexe du jeune opérateur Sacha Rose)
— L’évidence même. Et vu la vitesse à laquelle ils arrivent, impossible pour eux de bombarder comme ils le devraient. Messieurs, nous expédions nos hommes à la mort, en kamikazes. De cela, il n’est plus question !
— Votre grandeur aurait-elle… ?
— Une idée ? Bien entendu, mon petit Rose. Bien entendu. Dès le prochain lancement, nous procéderons de façon différente.
Ici, il est à noter que l’empereur omet de préciser que le Grand Mage, consulté par précaution, lui a affirmé avoir lu dans le Saint Marc que l’idée impériale était sacrément robusta. Passons.
— Mais comment ? Le seul moyen de pénétrer cet (Sacha Rose frissonne) univers reste la fuite, la Faille, votre grandeur. Et Malongo, si je ne me trompe pas, restera toujours parallèle, puisque tel est notre univers.
— Rose, mon petit Rose, vous me donnez du grain à moudre, là.
— Ah ?
— Puisque Malongo est et demeurera parallèle, c’est la SELECTA, que nous allons renverser. Ainsi, elle se trouvera perpendiculaire à nous et propulsera nos hommes de l’autre côté de façon… ?
— Parallèle ?
— Parallèle. Exactement, mon petit Rose. Vous irez loin, Rose, très loin.
Sacha Rose rosit sous le compliment…
— Et à ce propos : vous piloterez le prochain vaisseau. Toutes mes félicitations.
… avant de trouver l’honneur impérial un peu fort de café.
Tout a recommencé à la machine à café, engin massif et anodin, trop souvent négligé, en réalité centre névralgique, console de commande de toute entreprise.
Comme une répétition augmentée d’une différence qui ne les dérida pas, au contraire.
Il y eut d’abord :
Un lourd effondrement en fracas.
Le sol qui se révulse et ondule.
L’onde de choc répercutée d’étage en étage.
Puis.
Plus rien.
Sauf le sibyllin déversement infini de l’intégralité de la réserve de café moulu Malongo, fine poudre aussitôt balayée par le tsunami de litres et litres d’eau régurgités par l’estomac de la SELECTA à terre, K.O.
En parallèle, quelqu’un ayant assisté à cette catastrophe inexpliquée, collègue d’un collègue d’une amie de la svelte assistante du boss (qui se serait vu de nouveau aspergé de court sans sucre par celle qu’il ne licencia pas puisqu’elle couchait ou lui faisait bouffer sa cravate — ici, les avis ne sont pas près de cesser de diverger), aurait découvert que le sucre, pourtant dûment labellisé comme saccharose, n’était que vulgaire Aspartame.
Du moins ce qu’affirme la rumeur.


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